À Puteaux, une église repeinte par la mairie à l’insu du curé


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La mairie de Puteaux (Hauts-de-Seine) a repeint de couleurs vives une église sans en informer la paroisse.

Le P. Alain Lotodé, curé de la paroisse, refuse de polémiquer alors que des responsables politiques se sont emparés du sujet.

Au retour des vacances de Noël, les paroissiens de l’église de Puteaux, dans l’ouest parisien, ont eu une désagréable surprise en entrant dans l’église Notre Dame de Pitié. À l’intérieur, le bénitier et certains murs avaient été repeints en violet, le chœur en rouge et plusieurs statues en jaune beige. Une initiative engagée par la municipalité dont le curé de la paroisse, le P. Alain Lotodé, n’était pas au courant. « On ne m’a ni concerté, ni même informé de ces aménagements, déplore-t-il. J’ai rendez-vous à la mairie à la fin du mois pour en discuter. Pour l’instant, je préfère donc ne pas polémiquer. »

De son côté, la municipalité se refuse désormais à tout commentaire. Dans un article publié mardi 20 janvier par le quotidien gratuit 20 minutes, le service communication de la ville évoquait pourtant une « mesure de sauvegarde et d’entretien » comprenant « une réfection suite à des infiltrations d’eau » sur des murs.

LA LÉGALITÉ DES TRAVAUX EN QUESTION

Les communes peuvent engager des dépenses « nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est reconnue », énonce larticle 13 de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. « Le maire a le droit de faire ces restaurations mais il a commis une faute légale : il aurait dû prévenir le curé », précise Pierre-Henri Prelot, professeur de droit public à l’université de Cergy-Pontoise.

Le changement de couleur du bénitier pose, lui aussi, question puisqu’il n’appartiendrait pas à la commune mais à la paroisse selon Sylvie Cancelloni, présidente du groupe divers-droite « Puteaux en Mouvement » qui compte trois élus au conseil municipal et citée par 20 minutes. Sur son blog, « Puteaux en Mouvement » dénonce « le régime du « fait accompli » » choisi par la ville et s’interroge : « En ces temps où des millions de personnes se rassemblent dans nos villes pour défendre la laïcité et la liberté de conscience, à l’heure où notre société doit s’appuyer sur des communautés sociales et religieuses pourvoyeuse de respect des personnes et de paix, pourquoi le maire s’assied-il dessus ? »

Samuel Bleynie

21/1/15 – 16 H 48

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