Puteaux : initiation au laïque en un clic

photo 1La surprise du Curé de Puteaux, pénétrant ces premiers jours de janvier dans la Vieille Eglise sur le quai de Dion Bouton, a été totale. Habituellement désertée pendant les vacances scolaires, elle ne l’a manifestement pas été pour tout le monde !

Discrètement pendant les fêtes, la ville s’y est installée en lançant un « chantier de restauration » : le chœur est devenu rouge vermillon, le bénitier et des pans de mur Bénitier
violets, certaines statues ont été peintes en jaune beige pendant que d’autres ont disparu…

J’imagine la stupéfaction de notre Curé devant une transformation qui, réussie ou non (tout le monde y trouvera matière à discussion)  s’est opérée sans information, sans consultation, sans concertation avec son clergé local !

Certes, l’église est, depuis 1905,  propriété de la ville. Accompagnée, comme c’est l’usage, d’une dévolution gracieuse au culte pour la messe dominicale et les cérémonies de mariage et de baptême. Une situation classique pour les nombreuses villes où coexistent, dans le respect bien compris de la laïcité, utilisation publique et sacrée des mêmes lieux. Le b.a-ba de la République laïque, c’est de se parler et de dialoguer, pas de s’ignorer !

Il semble que la ville de Puteaux exerce plutôt son droit de propriété sous le régime du « fait accompli ».

On avait déjà vu apparaître une statuaire sacrée (apôtres et saints) là où il n’y avait rien, sans concertation non plus. Un Saint Pierre noir et menaçant avait saisi d’effroi la première fois les paroissiens habitués au dépouillement majestueux du lieu.

On avait assisté aussi à l’érection d’un campanile, voulu par la ville pour compléter le cadre architectural de l’église. Le Curé l’a découvert à l’inauguration ! Pourtant symbole de l’égrènement du temps chrétien, il impose le silence quasi-complet à ses cloches pour ne pas gêner le voisinage, ne gardant ainsi qu’une fonction décorative (150.000 euros quand même)

Puis on avait vu se développer les dimanches matin, habituellement consacrés au rassemblement chrétien hebdomadaire appelé « messe », l’église se remplir pour des concerts municipaux. Mêmes si ces derniers sont souvent de grande qualité, on ne peut que s’étonner du détournement imposé d’un jour de culte chrétien.

Dimanche dernier, le ripolinage de janvier a eu raison de l’endurance de notre curé, qui n’a pu cacher à ses fidèles sa stupéfaction devant la méthode.

Certains diront qu’il n’y a pas de quoi s’arracher les cheveux. C’est vrai, les chrétiens ne représentent que 10 à 15% de la population française, et pas plus à Puteaux. Oui, mais… En ces temps où des millions de personnes se rassemblent dans nos villes pour défendre la laïcité et la liberté de conscience, à l’heure où notre société doit s’appuyer sur des communautés sociales et religieuses pourvoyeuse de respect des personnes et de paix, pourquoi le Maire s’assied-il dessus ?

Notre ville doit apprendre à dialoguer avec ses communautés diverses. Trop de « petites affaires » ont miné ces dernières années le climat de confiance local.

On a rien inventé de mieux que la démocratie républicaine pour vivre ensemble avec les religions. Faisons la vivre à Puteaux avec juste un peu plus de talent !

 

 

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